C a t h e r i n e   V e r l a g u e t , auteure



Amis de longue date

Edition Les cygnes 2001


ISBN : 2-9516958-3-4 - 10 €

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Dans la presse

Amis de longue date ()


Deux comédiennes.

Emma et Marine, la vingtaine, étaient au lycée ensemble à Marseille mais ne s’entendaient pas. Quelques années, elles se retrouvent à vivre par hasard dans la même cité en banlieue parisienne. L’une est montée pour trouver du boulot – et n’en trouve pas. L’autre, pour suivre un homme – qu’elle a perdu.
Chacune est à ce moment de la vie où il va falloir faire des concessions sur ses idéaux pour trouver une place dans la réalité. Et si c’était dans la différence de l’autre qu’elles trouvaient chacune la clef pour avancer ?

AMIES DE LONGUE DATE, c’est la succession de plusieurs soirées sur ce banc de la cité où Emma et Marine se retrouvent pour se confier, s’engueuler, se réconcilier, se confronter l’une à l’autre et surtout à la vie en général.



(Cette pièce n'est actuellement pas en tournée voir dans les archives)

Fabrique d'écriture

AMIES DE LONGUE DATE est la toute première pièce que j’ai écrite.
Je l’ai écrite pour la monter, pour qu’elle soit vue, entendue. Je n’avais pas un rond en poche – il fallait donc faire simple. Deux comédiennes, un banc.

AMIE DE LONGUE DATE, ce sont les problématiques que je rencontraient à vingt ans : l’amour, le travail… Entre ce qu’on veut, ce qu’on rêve, ce qu’on nous a vendu, ce à quoi on veut croire, désespérément, et la réalité. AMIE DE LONGUE DATE, c’est la rencontre de l’altérité ; le constat évident mais difficile que l’autre est autre, fondamentalement, et qu’il va donc falloir faire autrement.

Extrait

(…)

EMMA : Tu dois être habillée super classe la journée, non ? MARINE : Pourqoi tu dis ça ?

EMMA : A voir comment tu t’habilles n’importe comment le soir, genre “ tout pourvu que ce soit confortable ”, je me dis que tu dois souffrir la journée. Tu dois porter des talons hauts, des trucs comme ça, non ? MARINE : Oui : tailleur et talons hauts, veste cintrée, tout ça.

EMMA : Du coup, le soirs, tu te rattrapes ! MARINE : Quand j’étais dans le XVIème, c’est ça qui ...

EMMA : Tu habitais dans le XVIème ? MARINE : Oui ! Luc, il habitait dans le XVIème !

EMMA : Je savais pas. MARINE : Comme je t’ai déjà parlé de Luc ... Il me semblait te l’avoir dit.

EMMA : Ben non. Tu m’étonnes que tu aies du quitter le quartier alors !

MARINE : Pourquoi tu dis ça ? EMMA : Ben… C’est beaucoup trop cher ! Et puis euh… Tu connaissais personne je veux dire : les gens devaient te dévisager genre “ vous avez vu ce qu’il a ramené le fils machin ? ”

MARINE : Pas du tout ! Je m’entendais très bien avec tout le monde ! EMMA : Oh ! Tu t’entendais aussi bien avec eux après t’être fait plaquer ?

MARINE : C’est moi qui suis partie ! EMMA : Tu disais qu’il ne voulait plus être suivi ?

MARINE : C’est ce que j’en ai déduit. EMMA : Déduit de quoi ?

MARINE : Quand je l’ai trouvé nu comme un ver vautré sur le canapé du salon avec sa soi disant meilleure amie d’enfance que je ne pouvais déjà pas trop piffer. EMMA : …

Meilleure amie mon cul oui ! MARINE : C’est le cas de le dire !

Et moi, plantée au milieu du salon à pas pouvoir bouger, à pas savoir quoi faire ! Cette odeur qu’il y avait ! Je restais plantée là, à les regarder essayer de se cacher ! Et lui en train de s’excuser bêtement ! EMMA : Et t’as fait quoi ?

MARINE : Je suis partie. Il m’a suivi complètement à poil dans l’escalier ! J’aurais voulu que les voisins, les chers voisins sortent et le voit comme ça ! J’avais envie de me retourner et de lui exploser les parties génitales dans l’escalier, je te jure ! J’avais envie de hurler !

Je ris mais ... J’avais tout plaqué... J’étais là depuis six mois, je connaissais personne, je travaillais depuis même pas deux mois... Je savais pas où aller quand je suis partie : j’avais envie de parler... EMMA : T’as fait quoi ?

MARINE : Qu’est ce que tu voulais que je fasse ? Je suis restée à l’hôtel presque un mois et puis je suis venue ici. EMMA : Quelle idée. Passer du XVIème à ici.

MARINE : J’aime bien ici ! C’est tranquille ! Ça craint pas trop! EMMA : Qui c’est qui t’as dit ça ?

MARINE : L’agence. EMMA : Ouais ben dis pas trop que t’es du XVIème quand-même, hein ! On sait jamais.

MARINE : Ici, quand je rentre le soir, je peux m’habiller comme une loque et venir fumer ma clope sur ce banc tu vois ! Je prends l’air ! Je discute avec toi ! J’ai l’impression d’être libre. Que rien n’a vraiment d’importance. EMMA : Ça va que tu travailles la journée quoi.

MARINE : Peut-être. Mais j’aime bien. Tu vois les vieux passer avec leur chien, les ados qui skatent toujours le même mur ... EMMA : Y’a que ça à faire : regarder les gens.

MARINE : Là-bas, ma belle-mère, comme cadeau de bienvenue, elle m’avait offert des pantoufles à talons, ça veut bien dire ce que ça veut dire, non ? EMMA : Des pantoufles à talons ! Tu m’étonnes.

MARINE : Moi j’aime bien ici. Dès fois, j’ai l’impression d’être à Marseille.